~   HISTORIQUE   ~
C'est par lettre patente du 15 Mai 1614 que notre village a été fondé, quelques années avant la guerre de Trente ans (1618-1648). Il doit son existence au fait que, suite à une supplique de différents particuliers (14 ou 24) suivant les sources, le duc Henri II de Lorraine leur concède pour cause de religion une terre à essarter pour s'y établir et exercer librement leur foi.
HENRY-DORFF est donc bien le village de Henri.
Le Duc de Lorraine Henri II (1608-1624)
© portrait Musée de Bar-le-Duc
Les malheurs de la Guerre de Trente Ans
d'aprés Jean MORETTE
La guerre de Trente Ans, surtout après 1632 avec le passage des troupes suédoises et françaises en Lorraine, a été une véritable catastrophe pour notre région : guerre, famine, peste ont vidé la contrée de ses habitants et les rares survivants ont dû se cacher dans les forêts. Dans les années 1670, le village ne comptait encore que 20 ménages.
Les soldats français de Richelieu occupent l'Alsace qui est rattachée à la France en 1648 et le traité des Pyrénées en 1659 donne droit à la France d'utiliser une route militaire à travers la Lorraine pour se rendre en Alsace dans les garnisons sur le Rhin. Ceci deviendra effectif en 1661 et notre village -compris dans le périmètre de cette Route Royale ou Route de France (de Metz à Phalsbourg, en passant par Héming et Sarrebourg)- appartiendra directement à Sa Majesté ; la prise de possession effective a lieu le 23 Octobre 1661. De nombreux colons viennent alors de Suisse, de Savoie, de Picardie, etc.
Borne armoriée bordant la Route de France
Photo A. KOLOPP
Le bonnet phrygien
Le 6 Avril 1789, la communauté villageoise se rassemble afin de rédiger son Cahier des Doléances. Le village comptait alors 73 foyers et 415 habitants. La population dans son ensemble résiste aux idées révolutionnaires ; elle cache le prêtre réfractaire JACQUEMIN et le Pére DENU qui sont obligés de lire la messe en cachette dans la forêt au lieu-dit " Kirchfels ".
Dans les années 1842 à 1853, les vallées du Teigelbach et de la Zorn sont profondément bouleversées par la construction du canal de la Marne au Rhin et du chemin de fer Paris-Strasbourg.

La péniche 'La Lona'
Photo A. KOLOPP
Le passage à niveau dans les années 1930
Photo chanoine KLEIN
Le plan incliné de St Louis-Arzviller
Extrait d'une plaquette publicitaire
" L'échelle d'écluses d'Arzviller-Henridorff " avec ses 19 biefs, dont 16 sur notre ban, a toujours constitué un goulot d'étranglement pour la navigation. Elle a été remplacée dans les années 1960 par un nouveau canal et l'ouvrage du Plan Incliné de St. Louis-Arzviller (élévateur de bateaux).
Quant au chemin de fer, il épouse sur une partie du parcours la falaise rocheuse qui surplombe la vallée jusqu'au viaduc des " Fünf Tore " (les Cinq Arches), qui ne sont plus que trois, suite aux destructions de la dernière guerre.
Le viaduc des 'Fünf Tore' (les Cinq Arches)
Photo chanoine KLEIN
Le Hansebrunnen d'avant-guerre
Photo chanoine KLEIN
L'approvisionnement en eau a toujours été un problème crucial, surtout pour un village-rue aux maisons accolées, à cause des incendies. Outre les puits individuels, souvent pollués autrefois par la proximité des fumiers, il y avait différentes "sources-lavoirs" dont la plus caractéristique est le "Hansebrunnen" aussi, la commune a-t-elle adhéré à un syndicat des eaux et a-t-elle été pourvue d'eau potable dès 1900.
Au début du siècle, les principales professions étaient encore : agriculteurs, tailleurs de pierre et carriers, bûcherons, verriers.

Les outils du tailleur de pierres
Photo A. KOLOPP
Les bûcherons en forêt
Photo chanoine KLEIN
Il faut aussi mentionner l'existence sur le ban communal, et ceci depuis 1936, d'une piscine. C'est l' actuel Camping-Piscine du Plan Incliné.
Durant la Deuxième Guerre mondiale, notre village n'a pas été évacué. L'attitude patriotique de la population et les nombreux jeunes gens refusant de se laisser incorporer dans les formations ennemies, lui ont valu l'attribution en 1948 de la Croix de Guerre avec Etoile de Vermeil.
Extrait du Registre des délibérations du Conseil Municipal : 'Remise solennelle de la Croix de Guerre avec Etoile de Vermeil à la commune de Henridorff le 19 décembre 1948' (suivent les signatures)
Photo A. KOLOPP


Le village dans les années 1920


  Retour au siècle dernier, par ces deux extraits :

Une fraîche vallée vous sourit ; la forêt, les rochers surplombants se montrent ; quelques ruines même, celles des châteaux de Lutzelbourg, de Haut-Barr et de Gerolseck se laissent entrevoir. Mais comme une décoration d'opéra qui, au coup de sifflet du machiniste, change de vue, la locomotive lance dans l'air son sifflement aigu, tout disparaît et nous retombons brutalement dans la nuit (du tunnel).
   Causeries de voyage de Paris à Bucarest en 1860 par le ministre Victor DURUY.

Tout a été dit du passage des Vosges, dans leur épaisseur, entre Sarrebourg et Saverne. Tourné en arrière vers le paysage qui fuyait, s'étendait, s'épanouissait sous nos regards, nous avons rapporté une impression pleine de magnificence et d' éblouissement. Si ce n' était à plus de 400 km de Paris, tout Paris s' en irait battre des mains à ce ravissant spectacle .
   Promenade autour du Réseau de l'Est dans le Journal des Débats de 1858.


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